-A A +A
Partager sur Facebook
TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

êtes-vous préoccupé par un malaise éthique?

Maggy Vallières
Maggy Vallières

Le malaise éthique 

Vous arrive-t-il parfois d’avoir en vous cette petite voix qui dit : « Attention! », cette voix qui s’accompagne parfois de malaises lorsqu’une situation survient? Repensez-vous à certains événements survenus dans la journée en vous demandant ce qu’aurait été le dénouement si une autre option avait été prise une fois de retour chez vous? Eh bien, soyez rassurés, car il s’agit peut-être d’un malaise éthique! Le malaise éthique se produit, se vit ou se perçoit lorsque des valeurs sont en contradiction. Avant d’être un soignant, vous êtes d’abord et avant tout une personne, peut-être même un parent, un ami. Vous avez également une personnalité, des connaissances, des qualités ainsi que des valeurs qui vous sont propres. Il est donc normal, voire humain, que vous puissiez, dans le cadre de votre travail, faire face à des enjeux qui n’abondent pas dans le même sens que vous le souhaitiez.

La beauté de l’éthique, c’est qu’il n’y a pas de bonne réponse. La recherche d’un comportement éthique revient souvent à dire : quoi faire pour bien faire? Dans la famille rapprochée de l’éthique se cache aussi la morale. Cette dernière est, quant à elle, traduite par des normes. Tout près de la morale, il y a le droit et la déontologie. Un non-respect de règles de droit ou de déontologie amène à une sanction. En éthique, il n’y a pas de sanction. Il y a seulement une finalité qui peut être acceptable ou inacceptable selon le point de vue choisi.

L’éthique en tant que telle se vit au quotidien. Chaque jour, vous faites face à une situation qui vient vous toucher non seulement en tant que soignant, mais aussi en tant qu’humain. Les usagers sont de mieux en mieux informés sur leur état de santé, ils prennent davantage leur place et posent plus de questions et vont même jusqu’à proposer des solutions. Ces questions peuvent porter sur les diagnostics, les prescriptions et bien plus encore. On responsabilise les usagers dans leurs traitements et on favorise leur prise en charge. Cela fait donc en sorte qu’ils ont des idées et sont outillés pour faire des choix. L’autonomie de la personne vient bousculer certaines mœurs. Ces changements peuvent faire émerger certains malaises éthiques. Mais que faut-il faire dans ces moments?

 

Comment réagir à un dilemme éthique? 

Ce n’est pas tant les malaises ou divergences éthiques auxquels vous faites face qui mènent à une impasse. Dès qu’il est souligné, le malaise devrait être exprimé et même susciter une ouverture à la discussion. Pas besoin non plus d’être un éthicien chevronné pour faire de l’éthique; il suffit d’une belle ouverture d’esprit, de la transparence et de l’humilité. La communication reste une pierre angulaire dans tout le processus. Elle inclut autant la prise de parole que l’échange et l’écoute.

Nous entendons régulièrement les soignants nous partager avoir été en opposition ou être stupéfaits relativement à des choix de l’usager. Mais une fois la conversation tenue et que les raisons personnelles et cohérentes de l’usager ont été identifiées, le soignant nous a dit finalement : « D’accord, là, je comprends mieux son choix. Je ne suis pas d’accord, mais je l’accepte. »

Voici quelques exemples notés au cours des derniers mois touchant des situations éthiques.

  • La mère d’un jeune enfant souffrant d’asthme refuse les vaccins.
  • Un usager de 45 ans, admissible à une greffe du rein, la refuse.
  • Une famille d’une dame âgée souffrant de dysphagie exige qu’elle mange de la nourriture à texture normale.

Bref, ce genre de situations survient tous les jours. Quand vous faites face à une situation éthique, que vous ressentez le besoin d’en parler, vous pouvez demander une consultation en éthique.

Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Abitibi-Témiscamingue, l’éthique est coordonnée par la Direction de la qualité, évaluation, performance et éthique. Nous avons différents comités partout sur notre territoire ainsi que 23 ambassadeurs en éthique qui sont présentement en formation. Ces derniers peuvent vous aider ou vous orienter.

Vous pouvez vous adresser directement au guichet d’éthique clinique, soit par courriel ou en contactant notre conseillère-cadre qui verra à coordonner les différentes demandes et à vous outiller dans votre démarche : marianne_gagnonbourget@ssss.gouv.qc.ca ou au 1 (819) 825-5858 poste 2424.

Nous publierons, dans la prochaine année, notre cadre conceptuel en éthique qui englobe l’éthique clinique, l’éthique de la recherche (ou différentes politiques et procédures s’y rattachant), l’éthique de la gestion du personnel ainsi que l’éthique organisationnelle et de la gouvernance.

Rappelez-vous que vous êtes tous des acteurs-clés dans la mise en œuvre de l’éthique au quotidien!


Maggy Vallières
Directrice de la qualité, évaluation, performance et éthique
Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue

Recherche

Mots clés

TD