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CLINIQUEMENT VÔTRE

CLINIQUEMENT VÔTRE

Quand le devoir nous « rappelle » !  

En mars dernier, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) répondait à l’appel du premier ministre, François Legault, et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, en mettant immédiatement en place les processus nécessaires pour permettre aux personnes souhaitant effectuer un retour à la profession en vue de participer à la prévention et au contrôle de la COVID-19 de pouvoir le faire facilement et sans frais. Le message a été entendu et plusieurs infirmières et infirmiers de notre région y ont répondu, comme en témoignent trois membres qui ont repris du service pour donner un coup de main dans le réseau.

« Lorsque la demande “ jecontribuecovid19.gouv.qc.ca ” a été lancée, j’ai postulé pour venir en aide à nos équipes sur place. Je sentais le devoir d’offrir mon support. Après vingt mois de retraite, pas trop rouillé encore, je me suis dit pourquoi pas faire ma part? J’ai travaillé au centre de dépistage de la COVID-19 dans le secteur d’Amos, et ce, 7 jours par quinzaine. J’effectuais les prélèvements et je rappelais des cas négatifs. C’était un beau contexte de travail. J’apportais mon expertise et j’étais content de renouer avec le personnel. Ce fut une expérience positive et enrichissante surtout que les besoins étaient énormes! Alors j’ai contribué de cette façon. »

Normand Lemieux

« Voilà que le 21 mars 2020, j’ai appris que je pouvais obtenir ma licence d’infirmière. Wow ! J’irradiais de bonheur en m’installant à l’ordinateur pour faire mon inscription à l’OIIQ. Ce même jour, j’ai reçu un courriel attestant mon permis de pratique. Dès le 23 mars, je suis rentrée au travail en revêtant l’uniforme bleu des infirmières de l’urgence de Val-d’Or. J’ai suivi 2 jours de formation pour le triage à l’urgence et le dépistage : « la ligne rouge ».

Retraitée depuis 6 ans, bien au calme, je me suis soudain retrouvée sur la ligne de feu et tout me semblait fonctionner à une vitesse vertigineuse. Les jeunes infirmières se déplaçaient, parlaient, gesticulaient, activaient les claviers à une vitesse phénoménale. Moi qui me croyais une fille vite! J’en ai eu des étourdissements et je me suis questionnée : avais-je ralenti à ce point? Avais-je perdu le rythme? Ou alors est-ce le nombre d’années qui m’avaient rattrapée? Aujourd’hui, j’en ris et j’admire ces infirmières qui travaillent avec excellence à ces cadences prodigieuses et soutenues, cela sans épuisement!

Après deux semaines, j’ai été affectée à la ligne COVID-19 pour un mois et par la suite au bureau de santé. Ouf ! le rythme était davantage adapté pour moi. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler à ces endroits et je remercie sincèrement le personnel pour leur chaleureux accueil, leur soutien et la confiance qu’on m’a témoigné. J’ai eu le grand plaisir de connaître de précieuses collaboratrices très consciencieuses qui font un travail remarquable, en ce temps de pandémie.

En conclusion, je peux affirmer que je suis fière d’être membre d’une profession exceptionnellement valorisante et enrichissante sur tous les plans. Je suis reconnaissante à la vie de ce second souffle pour la reconnaissance de l’infirmière clinicienne que je suis et qui me fait vibrer encore et toujours. »

Diane Trottier

« Dès que j’ai vu apparaître le lien “jecontribuecovid19.gouv.qc.ca” dans les médias sociaux, j’ai entrepris les démarches pour venir prêter main-forte au cas où les besoins seraient là. J’ai également pris contact avec mon ordre professionnel OIIQ qui m’a acheminé l’autorisation de pratiquer pendant la pandémie. Comme ma dernière expertise infirmière datant de cinq ans se déroulait en santé publique, secteur des maladies infectieuses, je me suis dit que l’aide serait appréciée. Je suis entrée en service le 18 mars en plein début d’une éclosion de la COVID-19, dans un secteur de la région. Mes premières semaines d’organisation furent intenses. Comme la province en était à ses débuts avec la pandémie, tout en Santé publique se déroulait à vitesse grand « V ». Il y avait les enquêtes épidémiologiques avec différents formulaires provinciaux qui n’en finissaient plus de se mettre à jour, les listes de contacts à retracer, les statistiques à fournir, les nombreuses conférences téléphoniques auxquelles l’équipe régulière dédiée devait assister, l’ajustement avec les critères changeants du dépistage pour bien orienter la population. Évidemment, nous devions rassurer dans la mesure du possible tous ces gens contactés, angoissés pour la plupart. Comme professionnelle en Santé publique dédiée aux enquêtes, le facteur de risque de contagion se limitait à celui de travailler en équipe. Le télétravail était impossible. Certes, le respect de la distanciation était là, mais malheureusement pas toujours au rendez-vous!

« Ce virus est un “ monstre ”, un “ traître ” en termes de virulence et de contagion. Ses “ zones d’attaques ” nous ont déroutés. Au début, les symptômes décrits étaient surtout fièvre, toux, fatigue, difficultés respiratoires. De multiples autres symptômes se sont vite ajoutés : diarrhée, perte subite de l’odorat (anosmie), parfois du goût (agueusie), et malheureusement aussi des effets vasculaires tels AVC, infarctus et j’en passe. Tout cela était bien différent d’un individu à l’autre. Heureusement, la plupart du temps le virus frappait légèrement chez les enfants, mais comme on l’a constaté, il a trop souvent été implacable chez plusieurs personnes vulnérables (ex : maladies chroniques, immunodéprimées, âge avancée). Bien sûr il faut redire que plus de 80 % du temps, c’étaient des symptômes d’allure grippale, sans plus.

Comme citoyenne québécoise, je suis fière de la façon dont nous avons été informés par nos élus durant cette pandémie. Je suis excessivement troublée de constater qu’on est entré dans cette crise “ mal équipés ” en ce qui concerne la plupart de nos établissements pour personnes âgées. Je crois que nous avons surtout perdu au fil des ans des avenues de prévention des infections que nous aurions tellement dû conserver.

J’espère, comme sans doute tous les citoyens, que le pire est derrière nous. Mais, en même temps, il nous faudra développer une bonne dose de tolérance à l’incertitude… À quand un vaccin et quel sera son efficacité au fil des ans? La prochaine fois, nous devrions avoir retenu beaucoup de leçons… »

Danielle Gélinas

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