-A A +A
Partager sur Facebook
TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

L’histoire d’une infirmière pionnière en soins de pieds en Abitibi-Témiscamingue.

Diane Trottier vous raconte comment elle a développé ses compétences pour offrir des soins de podiatrie dans la région pour la première fois. Ses soins ont ouvert une nouvelle option pour les membres de la profession infirmière.

Pionnière : infirmière en soins de pieds

Dans le cadre du 100e anniversaire de l’OIIQ, le Comité du Cyberjourn@l de l’ORIIAT m’a sollicitée pour vous faire part de mon expérience en soins de pieds. En tant que membre de l’Association des infirmières et des infirmiers en soins de pieds du Québec, je vous parle de mes débuts, de ma sollicitation à devenir infirmière en soins de pieds et de mon travail.

Mes débuts (nouveau visage de Blanche Pronovost)

Je dois remonter à l’année 1992 lorsque j’ai dû réaliser un projet pendant deux sessions à l’université afin de terminer un baccalauréat. Ma grand-mère souffrant intensément de ses pieds m’a suggéré d’aller apprendre à « soigner les pieds » grâce à mes études bien sûr, car elle ne trouvait personne pour la soigner.

À cette période, aucun service de podiatrie ne se donnait dans notre région. La dame médecin en podiatrie qui était venue était en congé de maladie pour un temps indéterminé. J’ai effectué des démarches partout en région, et aucun service n’existait et personne ne soignait les pieds.

Alors, j’ai fait des recherches et découvert qu’il existait une Association des infirmières et des infirmiers en soins de pieds du Québec. Une infirmière, professeure de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), m’a grandement aidée pour m’inscrire à un cours reconnu avec attestation, car c’était une exigence de l’Université qui payait la formation. De plus, je travaillais à temps partiel au CLSC d’Amos. Les infirmières et infirmiers des soins à domicile de même que les auxiliaires familiales ou les préposés pourraient ainsi bénéficier de mes connaissances afin de soulager les gens de leurs maux de pieds. Donc, pour toutes ces raisons, la direction a accepté de payer mes déplacements en avion pour ma formation à Montréal. Dans les années suivantes, j’ai dispensé de nombreuses formations à des gens de partout en région afin de mieux les outiller pour exécuter des soins de pieds sécuritaires et, de plus, leur apprendre à orienter les patients qui présentaient des situations complexes ou des maladies chroniques (ongles incarnés, personnes diabétiques, etc.)

Anecdote

Pendant ma formation en soins de pieds à Montréal; l’émission de Blanche Pronovost; une des Filles de Caleb passait à la télévision. Alors que nous étions réunis à la cafétéria, un étudiant me dit : « Eh, toi qui viens de l’Abitibi, tu vas avoir beaucoup d’ouvrage chez vous ! Tu ne fourniras pas ! » Je le regardai et lui demandai : « Mais pourquoi vais-je avoir tant d’ouvrage ? » Il me répondit : « Tous les bûcherons qui sortent du bois, ils doivent avoir de gros problèmes de pieds, ces gars-là ? »

Je me suis alors demandé s’il croyait aussi que je m’étais rendue dans sa grande métropole moderne en calèche ! Blanche avait-elle un nouveau visage ?

Six mois plus tard, j’ouvrais ma clinique privée en soins de pieds à Amos, une première en Abitibi. Durant les six années suivantes, j’étais la seule à offrir ce service en région. Ensuite, comme les demandes dans ce service étaient nombreuses, plusieurs infirmières sont allées suivre la formation.

J’ai travaillé 14 ans au Centre de santé Pikogan une journée par mois, en plus d’œuvrer dans ma clinique privée. J’ai toujours dispensé des services à domicile. À ce jour, je rends encore des services à des gens souffrant des pieds dans mon entourage. Leur soulagement est ma grande récompense et il en sera ainsi, encore longtemps.

Ma grand-mère qui n’est plus de ce monde et que j’ai réussi à soulager doit certainement être bien fière de moi. Je lui dois un peu de cette expérience dans ma vie.

Je termine avec un mot de gratitude pour les infirmières et infirmiers qui ont suivi cette voie. Prendre soin des gens et de leurs pieds, c’est parfois difficile et délicat, et ça demande du doigté.

Un proverbe s’applique toujours aujourd’hui et dit : « Bien dans ses pieds, bien dans sa tête ! »

À présent, je me rends compte de l’importance du soutien et de l’encouragement dans nos projets, d’être à l’écoute des besoins des gens, d’avoir l’audace de foncer et de chercher des solutions.

Il est primordial de garder confiance en ses habiletés, ses capacités, ses talents, et de prendre conscience que dans notre coin de pays, peu importe le domaine, chacune et chacun à sa façon contribue au mieux-être des gens dans le besoin et favorise à améliorer la qualité de vie de chaque personne rencontrée.

Diane Trottier

Recherche

Mots clés

TD