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TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

Maison de l’envol : Profession infirmière en soins palliatifs

J’ai mis sur pause ma profession infirmière pour fonder ma famille et m’occuper de mes quatre fils. À ce moment, nous avons dû surmonter plusieurs épreuves : accompagner ma belle-mère âgée de 57 ans, atteinte d’un cancer du sein avec métastases cérébrales en phase terminale et mon beau-père un an plus tard, il avait 59 ans. Quelques années auparavant, mon père de 54 ans décédait subitement.

À ce moment, la Maison de l’envol n’existait pas, nous avons donc accompagné ma belle-mère à domicile jusqu’à son décès. J’ai compris alors l’importance des soins palliatifs. Pleins d’émotions me submergeaient : la peine, bien sûr, mais surtout la beauté et le privilège d’accompagner un proche dans ses derniers moments. J’ai su alors qu’elle serait ma mission.

En juin 2003, je fis mon entrée comme infirmière à la Maison de l’envol. Elle venait tout juste d’ouvrir ses portes pour offrir des soins de confort aux malades atteints d’une maladie terminale avec un pronostic de moins de trois mois. Aucuns traitements n’étaient offerts pour prolonger ou raccourcir la vie, mais certains pour soulager les symptômes de la maladie et offrir le meilleur confort possible.

Rôle de l’infirmière ou l’infirmier

Le rôle de l’infirmière ou l’infirmier est très important dans l’évaluation de l’état du malade en fin de vie. Il consiste à planifier et dispenser les soins, de faire preuve d’un bon jugement clinique, de bien connaître la médication et les effets attendus, de contribuer au contrôle de la gestion des symptômes et d’être en mesure d’intervenir dans des situations d’urgence. Le personnel infirmier en soins palliatifs doit être sensible à ce que vivent les malades et leur famille afin de mieux les accompagner et leur offrir les meilleurs soins possibles. Être à l’écoute et empathique sont des qualités très importantes, puisque chaque malade et chaque famille ont leur bagage de vie, leurs croyances et leurs valeurs.

Sept ans plus tard, je devenais coordonnatrice des soins. Mes tâches consistaient à m’assurer de la qualité des soins, à évaluer les demandes de services, à superviser le personnel infirmier, à faire le pont avec les médecins pour le suivi et la prise en charge des malades. De plus, je devais effectuer le suivi avec les différents intervenants et mettre en place ou rendre accessible les besoins de formations, ainsi que la gestion des ressources humaines. En tant qu’infirmière, je devais également prêter main-forte à mes collègues au besoin et m’assurer que les patients soient soignés comme nous aimerions que nos proches le soient.

Travail d’équipe

Pour accomplir cette mission, rien ne serait possible sans l’apport d’une équipe formée et compétente. Les préposées et préposés aux bénéficiaires apportent aux malades des soins de confort (soins d’hygiène, aide aux déplacements, alimentation, aide aux soins), de l’accompagnement aux malades et aux familles. Bras droit de l’infirmière ou de l’infirmier, ce personnel contribue grandement à offrir des soins de confort de qualité.

Également, nos bénévoles apportent leur aide aux soins, aux repas, au lavage, à l’entretien… Bref, sans ces personnes précieuses, tout cela serait impossible.

Les stagiaires en travail social ou en psychoéducation apportent leur aide dans l’accompagnement et dans le suivi du deuil. Elles et ils offrent leur soutien et des rencontres pour le groupe de deuil.

Aide médicale à mourir (AMM)

La venue de la Loi concernant les soins de fin de vie avec, entre autres, l’aide médicale à mourir (AMM), a ajouté une option de choix pour nos malades en fin de vie. Nous avons dû nous adapter et surtout cheminer dans cette tout autre approche, comme la population d’ailleurs.

Je dirais que même lors d’une rencontre pour évaluer une demande de services à la Maison de l’envol, l’entrevue prend une autre dimension. Il importe de répondre à toutes les interrogations et surtout d’entendre ce que le ou la malade désire et de faire suivre ses demandes. Actuellement, les soins se donnent là où la personne le désire (Maison de l’envol, domicile, CHSLD, hôpital). Une équipe dédiée se met en place pour accompagner le patient dans sa demande de recevoir l’aide médicale à mourir si, selon les critères, elle est recevable.

Être là pour les personnes qui partent et pour celles qui restent… Merci au comité fondateur de la Maison de l’envol pour y avoir cru et rendre accessible à la communauté cette maison de soins palliatifs.

Par Julie Dallaire,
Inf. Coordonnatrice des soins, Maison de l’envol
Directrice adjointe

Des infirmières de la Maison de l’envol nous font part de leur expérience

> J’ai décidé d’orienter ma carrière vers les soins palliatifs principalement pour la proximité que l’on a avec ces personnes. En général, en fin de vie, elles sont ouvertes et désireuses de recevoir non seulement des soins, mais aussi d’être écoutées, réconfortées, chouchoutées, comprises, rassurées et accompagnées dans ce passage obligé si important de leur vie. De plus, les soins palliatifs sont des soins actifs offrant la possibilité de se dépasser, de mettre en avant notre jugement clinique et de développer notre autonomie. Le domaine des soins palliatifs est un monde de douceur, où la bienveillance a toute sa place, une place que je chéris particulièrement dans mon métier.

Christine Champoux, inf.

Être infirmière en soins palliatifs malgré mes 17 années d’expérience demeure un défi personnel et un cheminement par l’apprentissage de soi au quotidien. Le rôle professionnel est très élargi et demande une grande autonomie et un jugement clinique développé dans la gestion de divers inconforts. Les habiletés relationnelles autant dans l’approche avec les malades que dans celle avec les familles sont primordiales en fin de vie. C’est la possibilité d’offrir un petit plus qui fait la différence dans le dernier envol de la personne mourante. Il y a beaucoup de *Vie* dans une maison de soins palliatifs. Je dis souvent qu’il y a des décès aussi beaux que des naissances, donc des moments qui se vivent et qui nous font nous recentrer sur l’essentiel du ici et maintenant…

Christine Barrette, inf, B. Sc.

Être infirmière en soins palliatifs c’est pour moi, comme Maya Angelou, l’écrivaine américaine, « essayer d’être un arc-en-ciel dans le nuage d’une personne ». Exercer mon rôle professionnel en soins palliatifs est, pour moi, un privilège que la personne et sa famille m’offrent dans un moment intime et unique, qui est la mort. Dans cette belle histoire d’aide et d’accompagnement, ce milieu spécialisé me donne la chance d’assumer mon rôle professionnel avec autonomie et humanisme, tout en prenant soin de la personne dans sa globalité. Soit l’essence même des soins infirmiers de mon enseignement prodigué à mes étudiantes et étudiants. Cette approche si importante dans ce domaine me concerne tant sur le plan personnel que professionnel. Chaque moment vécu, qu’il soit doux ou plus difficile, donne un sens encore plus important à la vie, à ma vie, et m’enseigne à accorder le meilleur de moi-même, des soins, et à colorier ce ciel nuageux.                              

Nathalie Brassard, inf. B.Sc.

Travailler à la Maison de l’envol m’apporte une expérience de vie et de travail que je ne peux avoir ailleurs. Le contact humain avec les gens dans ce contexte de soins palliatifs me donne un sentiment de satisfaction, une certaine sagesse et un autre regard sur les soins infirmiers. Je sens que je fais une différence auprès d’eux et que je leur apporte quelque chose pendant ces moments si importants. Cela me lance aussi de nouveaux défis, car chaque personne est si différente. Je peux ainsi découvrir une variété de choses et de soins particuliers, repousser mes limites et gagner de l’autonomie. J’ai la chance de vraiment travailler en équipe interdisciplinaire afin de prendre soin de ces personnes et d’être là au bon moment.

Camille Fecteau Turgeon, inf. B. Sc.

Travailler en soins palliatifs, c’est avoir la chance d’accompagner les gens dans l’une des plus grandes étapes de leur vie. C’est pouvoir donner le meilleur de ma personne afin de rendre ce passage vers la mort le plus serein possible avec des soins de qualité et humains. Côtoyer les gens en fin de vie, c’est se ramener à l’essentiel, à ses valeurs de base, à ce qui compte vraiment. Chaque personne que j’accompagne me fait grandir et cela me valorise beaucoup. Travailler en soins palliatifs, c’est de la reconnaissance à l’état pur…

Valérie Renée, inf. B. Sc

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